Et vous, vous allez où pour ces vacances ?

Alors, vous allez où ? Vous allez AUX États-Unis ? AU Sénégal? EN Antarctique ? Petite règle très simple (on est en vacances, on se fait pas mal au cerveau !) pour ne pas se tromper (généralement, on ne se trompe pas, mais sait-on jamais). On choisit AUX quand il s’agit d’un pays au pluriel (Pays-Bas, États-Unis, …) On choisit AU lorsqu’il s’agit d’un pays « masculin » (oui, les pays ont un genre) On choisit EN lorsqu’il s’agit d’un pays « féminin » ou d’un pays « masculin » qui commence par une voyelle (ex : Iran) Notez que tous les pays qui terminent pas un « e » sont féminins, excepté quatre pays : le Cambodge, le Mexique, le Mozambique, le Zimbabwe   Alors, vous allez où, vous, pour ces vacances ?

Un ou une après-midi ?

« Le professeur Boghos s’est promené à moitié nu toute cette après-midi ! Il en profite un peu, car la veille il avait passé un mauvais après-midi. » Oui, vous avez noté une petite étrangeté. Il doit y avoir une erreur, non ? Un coup « après-midi » est au masculin, un coup au féminin. Et pourtant ! Aucune erreur ici, ce mot est androgyne, à savoir qu’il accepte les deux genres. À vrai dire, il y a une petite subtilité : on utilisera plutôt la forme féminine quand on veut insister sur la durée (ou juste faire le malin dans un repas de famille, à vous de voir !), tandis que la version masculine quand on entend l’après-midi comme un moment précis et ponctuel. C’est un peu la même différence qu’entre « matin » et « matinée » ou entre « soir » et « soirée ». Notez, quand même, que l’Académie Française préfère l’utilisation du masculin, mais bon, je serais désobligeant si je disais qu’ils ont une certaine habitude à préférer le masculin au féminin quand il s’agit de trancher…

Malgré sans queue

On me l’a soufflé avec pertinence, voici une toute petite leçon sur une erreur fréquemment croisée : On n’écrit pas « Malgré que ». Non, on ne l’écrit pas ! On ne dit pas « malgré que je ne sois pas très habillé, je sais rester digne », on écrira plutôt « Bien que je ne sois pas très habillé ». Choisissez quoique et bien que, mais pas malgré que. Par contre, on pourra écrire « malgré » seul, comme par exemple : « malgré le dicton sur le mois d’avril, j’aime bien me découvrir de plus d’un fil ». Là, ça va !   Alors, évidemment, ça ne serait pas drôle s’il n’y avait pas une exception ! On a le droit d’écrire « Malgré que j’en aie » ou « Malgré qu’il en ait », c’est la seule exception. Mais bon, là encore, « Bien que j’en aie » marchera aussi bien.   Sur ce, n’oubliez pas de me soutenir sur Tipeee si vous voulez davantage de contenu !  

Après qu’il est revenu

Aujourd’hui, après quelques jours de vacances, le professeur revient avec une petite subtilité de la langue française. Vous savez tous qu’après « bien que », « avant que »,… nous devons mettre le subjonctif pour indiquer l’incertitude. Ainsi, il faut dire : Bien qu’il soit âgé, je le croquerais bien. Il faut l’attraper avant qu’il n’ait pris sa retraite. Mais évidemment, il y a une exception notable (et très désagréable à l’entendre, il faut bien l’avouer) : « Après que » est suivi d’un verbe à l’indicatif ! C’est horrible, c’est bizarre, ça parait contre-intuitif, mais c’est pourtant bien la règle. On dira « Je me tape une lombalgie après que je suis revenu d’Italie » (oui, ça fait mal !). L’explication, c’est qu’il n’y a pas d’incertitude, que l’élément suivant le « après que » est certain puisque passé. Bon, sur ce, il va falloir que je me remette à écrire, si j’arrive à rester à mon bureau plus de dix minutes sans souffrir le martyr. Bonne journée, et n’oubliez pas mon tipeee les amis !

Le bon tour de langue

Allez, le salon du livre est terminé, il faut reprendre les bonnes habitudes. Le professeur est là aujourd’hui, à moitié nu, pour vous convaincre de bien utiliser votre langue ! Il arrive que certains mots soient mal prononcés, il est temps de rectifier cela. Voici une liste courte (il y aura d’autres leçons) de mots souvent écorchés, ainsi que leur prononciation : Abasourdir : le « s » se prononce z [abazourdir] Almanach : le « ch » final ne se prononce pas, on dira donc [almana] Damner : on ne prononce pas le « m », donc [dané] Désuet : il faut dire [déssué] et non pas [dézué] Etc : ça se prononce [etsétéra] et pas [eksétéra] Interpeller : il faut préférer [interpèlé] à [interpelé] Juin : [ju-in] et pas [jou-in] Poêle : [poil] et non [pwèl] Sourcil : il faut dire [sourci] et ne pas prononcer le « l » final   Alors, prononciez-vous tout bien ? 🙂

Quelques coups de pouce

Aujourd’hui, il s’agit simplement de ne plus se planter entre les expressions homonymes suivantes : quelque, quelques, quel que, quelle que.   Quelque, s’il est utilisé en tant que déterminant adjectif, il s’accorde tout simplement. Il veut dire « plusieurs » ou « peu ». Exemple : « Il lui reste quelques belles années ». Ou dans l’expression « Quelque chose ».   Quelque, s’il est utilisé en tant qu’adverbe, est invariable. Il signifie « environ ». Exemple : « Ce professeur est âgé de quelque trente ans ». Donc si vous pouvez remplacer « quelque » par « environ », rappelez-vous que c’est invariable.   Quel que et Quelle que : cette forme ne peut être utilisée qu’avec le verbe « être » (accordé au temps qu’il vous plaira), contrairement à Quelque et Quelques qui ne peuvent pas être suivis d’un verbe. On écrira ainsi : « Quel que soit son âge, j’en ferais bien mon casse-croûte » ou « Quelle que soit sa taille, ça rentrera… »   En espérant avoir donné quelques pistes pour ne plus se tromper 😉 Pour me soutenir, c’est toujours ici :  

Prononciations régionales

Aujourd’hui, on va parler prononciation ! Oui, parce que selon les régions, certains mots ne sont pas prononcés de la même manière ! Je ne parle pas de mots particuliers à un patois ou une région (« Ce tantôt, quand j’aurais débauché j’irai ramasser des cagouilles, tout ce que je peux trouver, tant que ça loge dans la malle ! »), mais bien des mots officiellement français mais qui ne sont pas prononcés partout pareil. Il y en a des tonnes, j’en listerai ici quelques-uns et j’y reviendrai une autre fois. Le taon : selon les régions, on peut dire [TAN] ou [TON]. La prononciation la plus courue est [TAN] (comme faon [FAN] ou paon [PAN]) mais les deux sont acceptés. Le persil : on peut dire [PERSI] ou [PERSILE]. Les deux prononciations sont acceptées. L’ananas : on peut dire [ANANA] ou [ANANASSE]. Les deux prononciations sont acceptées, bien qu’en France Métropolitaine la version avec « s » prononcée soit la plus courante. Se damner : on prononce [DANNER]. On entend parfois [DAMNER], mais c’est une erreur de prononciation. Chocolatine : on entend parfois [PAIN AU CHOCOLAT], mais c’est une erreur, il n’y a qu’une seule prononciation possible de ce mot. Ceux qui vous…

Pléonasmes à tire-larigot

C’est la rentrée. Et avec cet événement annuel, reviennent les discours pompeux de nos dirigeants. Chaque fois, les mots sont bien choisis, bien utilisés, des habitudes de langage et de communication bien rodées. Sauf que beaucoup n’échappent pas à la manie des pléonasmes. Alors, faisons une petite liste des expressions couramment utilisées et qui pourtant sont belles et bien des pléonasmes. La plus classique : « Au jour d’aujourd’hui ». Stop, arrêtez. Déjà, c’est moche, et ensuite, c’est vraiment un pléonasme. « Hui » signifie déjà « ce jour présent », donc « au jour d’aujourd’hui » est un double pléonasme ! « S’avérer vrai » : quelque chose ne peut pas « s’avérer faux », puisque Avérer veut tout simplement dire « confirmer comme vrai ». « Car en effet » : bon, pas besoin d’explication, les deux mots veulent dire la même chose. De même que « mais pourtant » ou « mais néanmoins ». « Voire même » : celle là, je l’ai faite un temps. En fait, « voire » est équivalent à « même ». Donc on évitera cette expression. Le « tri sélectif » : ouais, vous êtes en train de réaliser que vous utilisez tous les jours un sacré pléonasme. Trier, sélectionner, c’est un peu du pareil au même… « Comme par exemple » : y en a un de trop ! « Bip…

Il n’y a aucun (‘s’ à) souci !

Une petite leçon très simple aujourd’hui. En grande partie parce que je suis le premier à faire cette erreur, et fréquemment. On écrit « Aucun souci » ou « Pas de souci » et non « Aucun soucis » ou « Pas de soucis« . Aucun veut dire zéro, donc moins de un (quelle logique ce matin !), donc aucune raison (j’applique) d’utiliser le pluriel. De manière générale, la règle est qu’avec aucun on utilise toujours le singulier. Voilà, c’était la leçon du jour, bon ben je retourne aux aventures de Simon… 😉 Ah, oui, notez quand même que l’on peut parfois écrire « aucuns » ou « aucunes » au pluriel dans plusieurs cas : Quand le nom qu’il détermine ne peut s’employer qu’au pluriel (« aucuns frais », « aucunes funérailles »). Quand « aucun » est utilisé en tant que pronom et non en tant qu’adjectif : « D’aucuns nous dirons que cela complique un peu la leçon du jour, soit ! »

Donnons libre cours à ce court cours

Cours ou court ?   Comme j’ai un peu de temps aujourd’hui, j’en profite pour écrire une nouvelle leçon. Comment ne pas confondre ces deux homophones ? Leur sens est souvent contraire, donc c’est assez simple de faire la différence : « cours » est un substantif masculin dérivé du verbe courir et exprime une idée d’écoulement, de progression, de mouvement continu, tandis que « court » vient du latin curtus   (« écourté, tronqué ; incomplet, mince, insuffisant ») et exprime quelque chose de petit, en longueur ou en durée. Ainsi, on écrira : « Avoir cours » ou « donner libre cours » puisqu’il y a une notion de durée, d’écoulement « Etre à court de » ou « faire court » ou « tourner court » ou « être pris de court » pour noter le manque, l’arrivée rapide de la fin, l’étroitesse de la marge de manœuvre À noter que dans l’expression « À court de », le nom qui suit se met au singulier ou au pluriel en fonction du sens : « à court d’idées » mais « à court d’argent ».  

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