La clef du plaisir

Allez, pour finir la semaine en toute simplicité (ou le début de semaine, ça dépend comment on voit les choses), je vous parle de clef ! Ou de clé. Et oui, parce qu’il y a deux manières d’écrire ce mot, les deux mots voulant dire exactement la même chose (je ne vous ferai pas l’offense de vous donner une définition). Alors, pourquoi cette différence ? En fait, il semblerait simplement qu’il y a fort fort longtemps le pluriel de clef (donc clefs) était juste pénible à écrire, donc on a fini par retirer le f au pluriel, puis par habitude au singulier aussi, d’où la clef ou la clé. Mais bon, il faut savoir qu’il n’y a strictement aucune différence de sens et que les deux versions sont admises. Bon voilà, je vous laisse avec le professeur du jour, qui a sûrement les clefs du paradis 😉

Malgré sans queue

On me l’a soufflé avec pertinence, voici une toute petite leçon sur une erreur fréquemment croisée : On n’écrit pas « Malgré que ». Non, on ne l’écrit pas ! On ne dit pas « malgré que je ne sois pas très habillé, je sais rester digne », on écrira plutôt « Bien que je ne sois pas très habillé ». Choisissez quoique et bien que, mais pas malgré que. Par contre, on pourra écrire « malgré » seul, comme par exemple : « malgré le dicton sur le mois d’avril, j’aime bien me découvrir de plus d’un fil ». Là, ça va !   Alors, évidemment, ça ne serait pas drôle s’il n’y avait pas une exception ! On a le droit d’écrire « Malgré que j’en aie » ou « Malgré qu’il en ait », c’est la seule exception. Mais bon, là encore, « Bien que j’en aie » marchera aussi bien.   Sur ce, n’oubliez pas de me soutenir sur Tipeee si vous voulez davantage de contenu !  

Après qu’il est revenu

Aujourd’hui, après quelques jours de vacances, le professeur revient avec une petite subtilité de la langue française. Vous savez tous qu’après « bien que », « avant que »,… nous devons mettre le subjonctif pour indiquer l’incertitude. Ainsi, il faut dire : Bien qu’il soit âgé, je le croquerais bien. Il faut l’attraper avant qu’il n’ait pris sa retraite. Mais évidemment, il y a une exception notable (et très désagréable à l’entendre, il faut bien l’avouer) : « Après que » est suivi d’un verbe à l’indicatif ! C’est horrible, c’est bizarre, ça parait contre-intuitif, mais c’est pourtant bien la règle. On dira « Je me tape une lombalgie après que je suis revenu d’Italie » (oui, ça fait mal !). L’explication, c’est qu’il n’y a pas d’incertitude, que l’élément suivant le « après que » est certain puisque passé. Bon, sur ce, il va falloir que je me remette à écrire, si j’arrive à rester à mon bureau plus de dix minutes sans souffrir le martyr. Bonne journée, et n’oubliez pas mon tipeee les amis !

Le bon tour de langue

Allez, le salon du livre est terminé, il faut reprendre les bonnes habitudes. Le professeur est là aujourd’hui, à moitié nu, pour vous convaincre de bien utiliser votre langue ! Il arrive que certains mots soient mal prononcés, il est temps de rectifier cela. Voici une liste courte (il y aura d’autres leçons) de mots souvent écorchés, ainsi que leur prononciation : Abasourdir : le « s » se prononce z [abazourdir] Almanach : le « ch » final ne se prononce pas, on dira donc [almana] Damner : on ne prononce pas le « m », donc [dané] Désuet : il faut dire [déssué] et non pas [dézué] Etc : ça se prononce [etsétéra] et pas [eksétéra] Interpeller : il faut préférer [interpèlé] à [interpelé] Juin : [ju-in] et pas [jou-in] Poêle : [poil] et non [pwèl] Sourcil : il faut dire [sourci] et ne pas prononcer le « l » final   Alors, prononciez-vous tout bien ? 🙂

Le déroulé des épaules

Ce soir, une petite confusion, ou plutôt une erreur que l’on peut être tenté de commettre si l’on n’y prête pas attention. Il s’agit du nom « déroulé ». On ne dira pas « Commentons le déroulé de la soirée avec le professeur Boghos », mais on parlera de son déroulement. Certains verbes peuvent avoir deux dérivations, l’une au substantif pour évoquer l’action, l’autre au participe passé pour parler du résultat de l’action. Par exemple : l’abrègement (pour l’action d’abréger) et l’abrégé (pour le résultat de l’abrègement). Ce n’est pas le cas pour dérouler, qui n’accepte qu’une seule dérivation pour les deux significations : déroulement. On dira donc : Le cours s’est déroulé dans un silence quasi religieux, les étudiantes n’avaient d’yeux que pour son torse velu Je suis vraiment déçue de n’avoir pas pu assister au déroulement de cette séance de travaux pratiques   Allez, roulez jeunesse !    

Quelques coups de pouce

Aujourd’hui, il s’agit simplement de ne plus se planter entre les expressions homonymes suivantes : quelque, quelques, quel que, quelle que.   Quelque, s’il est utilisé en tant que déterminant adjectif, il s’accorde tout simplement. Il veut dire « plusieurs » ou « peu ». Exemple : « Il lui reste quelques belles années ». Ou dans l’expression « Quelque chose ».   Quelque, s’il est utilisé en tant qu’adverbe, est invariable. Il signifie « environ ». Exemple : « Ce professeur est âgé de quelque trente ans ». Donc si vous pouvez remplacer « quelque » par « environ », rappelez-vous que c’est invariable.   Quel que et Quelle que : cette forme ne peut être utilisée qu’avec le verbe « être » (accordé au temps qu’il vous plaira), contrairement à Quelque et Quelques qui ne peuvent pas être suivis d’un verbe. On écrira ainsi : « Quel que soit son âge, j’en ferais bien mon casse-croûte » ou « Quelle que soit sa taille, ça rentrera… »   En espérant avoir donné quelques pistes pour ne plus se tromper 😉 Pour me soutenir, c’est toujours ici :  

Au menu : les préliminaires

Connaissez-vous la différence entre les termes « préliminaire » et « liminaire » ? D’ailleurs, vous ne connaissiez peut-être pas « liminaire », tant son utilisation est restreinte. « Liminaire » est un adjectif qui se rapporte à quelque chose se trouvant au début d’un livre, d’un poème, d’un débat, d’un discours, etc… On parlera ainsi d’un prologue, d’une remarque ou d’une annotation liminaire. Et donc par déduction, « préliminaire » se rapporte à tout ce qui se passe avant. La préparation d’une réunion, les éclaircissements avant un débat, etc… Bon, par contre, je ne vous fais pas l’affront de vous expliquer ce que sont les préliminaires. Il suffit que vous regardiez du côté du Boghos du jour pour avoir envie d’apprendre avec lui 😉        

Le professeur sort les griffes

Ce soir, Wolverine est en pétard ! Sous ses airs de chérubin, il peut mordre, faites attention ! Une leçon simple, évidente, mais qui pourtant doit être l’erreur la plus répandue sur les réseaux sociaux : sa / ça / çà Arggggggh ! Ce n’est quand même pas compliqué. Quand vous pouvez le remplacer par « cela », c’est que la bonne orthographe est « ça », alors que quand vous pouvez le remplacer par « la sienne », c’est que c’est « sa ». Et ça (cela) n’a rien à voir ! Aucun rapport entre les deux écritures ! Au final, chacun sa méthode pour s’en souvenir (la sienne), tant que vous ne faites plus cette faute horrible ! Bon, et pour le çà, c’est un adverbe de lieu assez usité, que l’on ne retrouve plus guère que dans les expressions « çà et là » ou « ah çà ! » (pour désigner la surprise ou l’indignation). Bon, ça sera tout pour ce soir, le professeur retourne à sa sieste.

Winter is coming

Et quand le winter est coming, il faut se mettre au chaud. Parenthèse explicative :  « Winter is coming », cela veut dire « l’hiver vient », référence à la célèbre réplique de la non moins célèbre Maison Stark. Bon, en vrai, l’hiver est déjà là, mais je pourrais dire que vous chipotez, parce que j’en ai envie. Sur ce, je ferme la parenthèse. Ah si, attendez, quand même, si vous ne connaissez pas la Maison Stark, ça veut dire que vous ne connaissez pas Game of Thrones, et encore moins le Trône de fer (puisque c’est la même chose), et c’est une honte, bouhhhh !!! Voilà ! Bon, que disais-je ? Pour se mettre au chaud, le boghos du jour se laisse pousser la barbe, solution intéressante s’il n’avait pas la vilaine habitude de se balader à poil. Un poil incohérent ! (un poil, zavez-vu ? Un poil, pffff, barbe, poil… non ?). Et les animaux, style la marmotte, l’ours, le hérisson… ils font quoi ? Ils hivernent, voyons ! Hein ? Non ? Quoi ? Non, ces bestioles là hibernent ! Avec un « b ». Hiberner, c’est subir un changement physiologique profond qui ralentit à l’extrême toutes les fonctions vitales. On se met…

Entre fatigue et ennui

Comment allez-vous ? Ça fait un petit moment que le professeur ne vous a pas proposé de leçon, n’est-ce pas ? Alors ce soir, petite leçon simple mais utile. Histoire de ne plus faire l’erreur (je la fais moi-même souvent) entre fatigant et fatiguant d’une part, et entre ennuyeux et ennuyant d’autre part.   Fatiguant/Fatigant Fatiguant, c’est le participe présent du verbe fatiguer, il est invariable. Fatigant, c’est l’adjectif verbal, qui s’accorde donc en genre et en nombre. C’est donc là un moyen simple de savoir si on doit mettre le « u » ou pas : il suffit de passer le sujet au féminin. On peut aussi tester un autre adjectif à la place du mot. Exemples : C’est fatigant de travailler (on peut remplacer par « éreintant » par exemple, donc c’est l’adjectif sans « u ») C’est en se fatiguant à la tâche qu’elle a réussi (on ne peut pas écrire « c’est en se éreintant à la tâche… », donc c’est le participe présent invariable, avec « u ») Cette règle marche aussi avec « extravagant/extravaguant », « fringant/fringuant », « navigant/naviguant ».   Ennuyeux/Ennuyant Là, c’est un peu plus simple, puisque si on voulait être tout à fait rigoureux, l’Académie Française considère l’adjectif ennuyant comme vieilli et que l’on pourra utiliser ennuyeux dans…

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