La minute littéraire du professeur Boghos

Ce soir, Jason va vous apprendre un mot que vous ne connaissez peut-être pas. Il est fort, ce Jason 🙂 Il s’agit d’un aptonyme. Pas un antonyme, un aptonyme. Ce mot est un néologisme québécois créé à partir de « apte » et « onyme » (qui veut dire le nom). C’est tout simplement un nom de famille ou un prénom qui est particulièrement bien adapté à la personne qui le porte, de part son rôle ou sa fonction. Ainsi, il y a les très célèbres frères Lumière et leurs inventions dans le domaine du cinéma, Edith Cresson, ministre de l’agriculture, Thierry Le Luron, Henri Poincaré, etc… On en connait tous un, ou alors on a croisé son nom sur une devanture de boutique. De M. Boudin, boucher-charcutier, à Mme Taret, la psychiatre. On peut aussi appeler aptonymes des noms de personnages de Fiction qui se rapporte directement à leur rôle au sein de l’histoire. Il y aurait énormément d’exemples, ne serait-ce que les noms de super-héros directement liés à leur pouvoir, au cas où on aurait pas bien compris (ce n’est pas Slipman, mais bien Superman, ne pas confondre !). Mais je me limiterai à évoquer ici une de mes séries fantastiques préférées,…

Un ou une après-midi ?

« Le professeur Boghos s’est promené à moitié nu toute cette après-midi ! Il en profite un peu, car la veille il avait passé un mauvais après-midi. » Oui, vous avez noté une petite étrangeté. Il doit y avoir une erreur, non ? Un coup « après-midi » est au masculin, un coup au féminin. Et pourtant ! Aucune erreur ici, ce mot est androgyne, à savoir qu’il accepte les deux genres. À vrai dire, il y a une petite subtilité : on utilisera plutôt la forme féminine quand on veut insister sur la durée (ou juste faire le malin dans un repas de famille, à vous de voir !), tandis que la version masculine quand on entend l’après-midi comme un moment précis et ponctuel. C’est un peu la même différence qu’entre « matin » et « matinée » ou entre « soir » et « soirée ». Notez, quand même, que l’Académie Française préfère l’utilisation du masculin, mais bon, je serais désobligeant si je disais qu’ils ont une certaine habitude à préférer le masculin au féminin quand il s’agit de trancher…

Le déroulé des épaules

Ce soir, une petite confusion, ou plutôt une erreur que l’on peut être tenté de commettre si l’on n’y prête pas attention. Il s’agit du nom « déroulé ». On ne dira pas « Commentons le déroulé de la soirée avec le professeur Boghos », mais on parlera de son déroulement. Certains verbes peuvent avoir deux dérivations, l’une au substantif pour évoquer l’action, l’autre au participe passé pour parler du résultat de l’action. Par exemple : l’abrègement (pour l’action d’abréger) et l’abrégé (pour le résultat de l’abrègement). Ce n’est pas le cas pour dérouler, qui n’accepte qu’une seule dérivation pour les deux significations : déroulement. On dira donc : Le cours s’est déroulé dans un silence quasi religieux, les étudiantes n’avaient d’yeux que pour son torse velu Je suis vraiment déçue de n’avoir pas pu assister au déroulement de cette séance de travaux pratiques   Allez, roulez jeunesse !    

Au menu : les préliminaires

Connaissez-vous la différence entre les termes « préliminaire » et « liminaire » ? D’ailleurs, vous ne connaissiez peut-être pas « liminaire », tant son utilisation est restreinte. « Liminaire » est un adjectif qui se rapporte à quelque chose se trouvant au début d’un livre, d’un poème, d’un débat, d’un discours, etc… On parlera ainsi d’un prologue, d’une remarque ou d’une annotation liminaire. Et donc par déduction, « préliminaire » se rapporte à tout ce qui se passe avant. La préparation d’une réunion, les éclaircissements avant un débat, etc… Bon, par contre, je ne vous fais pas l’affront de vous expliquer ce que sont les préliminaires. Il suffit que vous regardiez du côté du Boghos du jour pour avoir envie d’apprendre avec lui 😉        

Alerte ! Les barbar… les barbar… les barbarismes !

Aujourd’hui, nous allons donner la chasse aux barbarismes ! Rappelons qu’un barbarismes, c’est quand on transforme un mot et donc qu’on fait une erreur orthographique. Il existe des barbarismes malheureusement assez fréquents et qui peuvent passer inaperçus. Pécunier Ce mot est un barbarisme, il n’existe pas. Quand on parle d’un problème financier, on écrira un problème pécuniaire. Et oui, ce mot est invariable au masculin comme au féminin. Disgression À nouveau, on pense l’écrire et l’utiliser comme il faut, mais c’est un tort. Ce mot n’existe pas non plus. La bonne orthographe est « digression« . Arborigène On écrit les aborigènes, pas les arborigènes. On a tendance à se tromper parce qu’on doit probablement penser aux arbres (une vieille association d’idées un poil paternaliste du genre « zoulous, primates, arbres… »), mais ça n’a rien à voir. Entrepreunariat Ça, c’est un mot plus récent. Et il ne s’écrit pas comme ça, évidemment. Comme c’est un mot qui vient de « entrepreneur », il faut bien écrire « entrepreneuriat« . Formenter Non, personne ne formente de complot ! Ils fomentent, probablement, mais formentent non 😉   Voilà donc quelques mots pas forcément évidents, il y en a beaucoup d’autres, j’en ferais une prochaine leçon.

Prononciations régionales

Aujourd’hui, on va parler prononciation ! Oui, parce que selon les régions, certains mots ne sont pas prononcés de la même manière ! Je ne parle pas de mots particuliers à un patois ou une région (« Ce tantôt, quand j’aurais débauché j’irai ramasser des cagouilles, tout ce que je peux trouver, tant que ça loge dans la malle ! »), mais bien des mots officiellement français mais qui ne sont pas prononcés partout pareil. Il y en a des tonnes, j’en listerai ici quelques-uns et j’y reviendrai une autre fois. Le taon : selon les régions, on peut dire [TAN] ou [TON]. La prononciation la plus courue est [TAN] (comme faon [FAN] ou paon [PAN]) mais les deux sont acceptés. Le persil : on peut dire [PERSI] ou [PERSILE]. Les deux prononciations sont acceptées. L’ananas : on peut dire [ANANA] ou [ANANASSE]. Les deux prononciations sont acceptées, bien qu’en France Métropolitaine la version avec « s » prononcée soit la plus courante. Se damner : on prononce [DANNER]. On entend parfois [DAMNER], mais c’est une erreur de prononciation. Chocolatine : on entend parfois [PAIN AU CHOCOLAT], mais c’est une erreur, il n’y a qu’une seule prononciation possible de ce mot. Ceux qui vous…

Androgynie

Androgynie des mots   Il existe des mots qui, selon que l’on les utilise au féminin ou au masculin, changent de sens. Il y en a pas mal en fait. Par exemple « pendule », « voile », « tour », « manche », « livre ». Nul réel problème ici, puisque la différence est souvent connue. Je fais le tour de la tour, je remonte ma manche comme un manche. C’est facile. Parmi cette liste, il y a quelques mots coquins dont on ne connait pas forcément l’autre sens (Une aigle ? Un greffe ? La gîte ?), mais finalement rien de bien extraordinaire, vous ne vous tromperez pas de genre sur des mots que vous ne connaissez pas de toute manière. Par contre, il y a quelques mots étonnants dans leur androgynie. J’ai déjà évoqué ces trois petits mots délicieux que sont « délice », « orgue » et « amour ». Ils changent de sexe suivant le nombre. Ils ne sont donc pas réellement androgynes mais hermaphrodites. Non, il y a aussi des mots véritablement androgynes. Des mots qui peuvent être à la fois masculin et féminin, sans en changer le sens. J’ai beaucoup cherché pour en trouver, il y en a peu, ils se cachent ces petits malandrins. Il y a par exemple…

Un professeur à demi-nu

À demi nu, nue et demie   Le professeur Boghos est toujours là, ne vous inquiétez pas. Aujourd’hui, une règle qui n’en est pas une, puisqu’il n’y a aucune logique sous-jacente. « Nu » et « Demi » ne s’accordent pas quand ils sont placés avant le nom qu’ils qualifient : « Ce professeur est nu-pieds et la braguette à demi ouverte ». Par contre, quand ils sont placés après le nom, c’est plus folklorique : « nu » s’accorde en genre et en nombre tandis que « demi » ne s’accorde qu’en genre ! Exemple : « Pendant trois heures et demie, le professeur est resté jambes nues avant de remettre son pantalon ! » Voilà, rien de bien compliqué, n’est-ce pas ? 😉  

Ça ne rime à rien

Quelques mots sans amis   Savez-vous qu’il existe des terminaisons de mots uniques en français ? Des mots qui ne sont pas les amis des poètes, parce qu’ils ne riment avec aucun autre de la langue française ! « Simple » par exemple, n’a pas de rime possible. C’est assez bluffant, parce qu’on essaie, mentalement, de trouver une correspondance, qu’on se dit qu’elle doit bien exister, quand même ! mais non, rien ! Même pas une petite rime pauvre. « Pauvre » aussi, d’ailleurs. Regardez ici, si vous êtes sceptique. Bon, rassurez-vous, il n’y en a pas « quinze« , ni « quatorze » mots comme cela. Il y a aussi « triomphe« , « meurtre« , « belge« , « goinfre » et « larve« . Un conseil si vous écrivez des poèmes (en rime) : évitez ces mots soigneusement 😉   (photo : Pedro Soltz)

Vendredi sous la pluie : vivement les vacances !

Le professeur est prêt à partir !   Il est prêt, le professeur du jour, à rejoindre les contrées contadines. Vous vous demandez, de vos yeux nitescents,  ce qu’il obombre de sa main droite ? Un joli petit lot piriforme composé de deux petites clochettes qui tintinnabulent quand il marche et d’un manche fébricitant. Dès que la pluie cessera, l’alliciant, plastronnant et callipyge professeur fera route en nos champs, respirant le pétrichor matinal. Quand reviendra-t-il ?   Alliciant : séducteur, attirant Callipyge : qui a de belles fesses Contadin : caractéristique du paysan, de la campagne Fébricitant : dans un état fébrile Nitescent : lumineux, éclatant Obombrer : cacher, recouvrir, dissimuler (littéralement couvrir d’une ombre pour protéger) Pétrichor : odeur de la terre après la pluie Piriforme : qui a la forme d’une poire Plastronner : bomber le torse Tintinnabuler : produire un son léger aux harmonies aiguës et cristallines

Visit Us On FacebookVisit Us On TwitterVisit Us On Pinterest