Les astuces d’écriture du professeur Boghos – n°1

Les astuces littéraires se faisant de plus en plus rares, le professeur a eu envie de débuter une nouvelle rubrique. En effet, désireux de partager avec les lecteurs mais aussi les auteurs, il se propose de donner quelques astuces d’écriture. Attention, comprenez bien, il ne s’agit pas ici de donner des astuces sur la manière d’écrire (le style, le scénario, tout ça), il en est bien incapable. Ce ne sera pas non plus des astuces sur des règles de français incongrues ou étonnantes, ce qu’il fait par ailleurs avec les minutes littéraires. Non, il s’agit de donner quelques astuces vraiment pratiques d’utilisation d’un éditeur, de mise en page, de publication, d’utilisation de plateforme, etc… Il ne prétend pas avoir la science infuse sur le sujet, mais ce qu’il a appris mérite probablement d’être partagé. Et puis, si en retour, il peut recevoir des astuces de ses collègues, ce sera avec plaisir 🙂 Alors, c’est parti, on commence doucement !   Astuce n°1 : Sauvegardez votre projet le plus souvent possible ! Ouais, ça a l’air con à dire comme ça, mais c’est absolument obligatoire. On sauvegarde (CTRL + s dans la plupart des logiciels) et on fait des copies (sur…

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Un ou une après-midi ?

« Le professeur Boghos s’est promené à moitié nu toute cette après-midi ! Il en profite un peu, car la veille il avait passé un mauvais après-midi. » Oui, vous avez noté une petite étrangeté. Il doit y avoir une erreur, non ? Un coup « après-midi » est au masculin, un coup au féminin. Et pourtant ! Aucune erreur ici, ce mot est androgyne, à savoir qu’il accepte les deux genres. À vrai dire, il y a une petite subtilité : on utilisera plutôt la forme féminine quand on veut insister sur la durée (ou juste faire le malin dans un repas de famille, à vous de voir !), tandis que la version masculine quand on entend l’après-midi comme un moment précis et ponctuel. C’est un peu la même différence qu’entre « matin » et « matinée » ou entre « soir » et « soirée ». Notez, quand même, que l’Académie Française préfère l’utilisation du masculin, mais bon, je serais désobligeant si je disais qu’ils ont une certaine habitude à préférer le masculin au féminin quand il s’agit de trancher…

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Malgré sans queue

On me l’a soufflé avec pertinence, voici une toute petite leçon sur une erreur fréquemment croisée : On n’écrit pas « Malgré que ». Non, on ne l’écrit pas ! On ne dit pas « malgré que je ne sois pas très habillé, je sais rester digne », on écrira plutôt « Bien que je ne sois pas très habillé ». Choisissez quoique et bien que, mais pas malgré que. Par contre, on pourra écrire « malgré » seul, comme par exemple : « malgré le dicton sur le mois d’avril, j’aime bien me découvrir de plus d’un fil ». Là, ça va !   Alors, évidemment, ça ne serait pas drôle s’il n’y avait pas une exception ! On a le droit d’écrire « Malgré que j’en aie » ou « Malgré qu’il en ait », c’est la seule exception. Mais bon, là encore, « Bien que j’en aie » marchera aussi bien.   Sur ce, n’oubliez pas de me soutenir sur Tipeee si vous voulez davantage de contenu !  

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Après qu’il est revenu

Aujourd’hui, après quelques jours de vacances, le professeur revient avec une petite subtilité de la langue française. Vous savez tous qu’après « bien que », « avant que »,… nous devons mettre le subjonctif pour indiquer l’incertitude. Ainsi, il faut dire : Bien qu’il soit âgé, je le croquerais bien. Il faut l’attraper avant qu’il n’ait pris sa retraite. Mais évidemment, il y a une exception notable (et très désagréable à l’entendre, il faut bien l’avouer) : « Après que » est suivi d’un verbe à l’indicatif ! C’est horrible, c’est bizarre, ça parait contre-intuitif, mais c’est pourtant bien la règle. On dira « Je me tape une lombalgie après que je suis revenu d’Italie » (oui, ça fait mal !). L’explication, c’est qu’il n’y a pas d’incertitude, que l’élément suivant le « après que » est certain puisque passé. Bon, sur ce, il va falloir que je me remette à écrire, si j’arrive à rester à mon bureau plus de dix minutes sans souffrir le martyr. Bonne journée, et n’oubliez pas mon tipeee les amis !

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Le bon tour de langue

Allez, le salon du livre est terminé, il faut reprendre les bonnes habitudes. Le professeur est là aujourd’hui, à moitié nu, pour vous convaincre de bien utiliser votre langue ! Il arrive que certains mots soient mal prononcés, il est temps de rectifier cela. Voici une liste courte (il y aura d’autres leçons) de mots souvent écorchés, ainsi que leur prononciation : Abasourdir : le « s » se prononce z [abazourdir] Almanach : le « ch » final ne se prononce pas, on dira donc [almana] Damner : on ne prononce pas le « m », donc [dané] Désuet : il faut dire [déssué] et non pas [dézué] Etc : ça se prononce [etsétéra] et pas [eksétéra] Interpeller : il faut préférer [interpèlé] à [interpelé] Juin : [ju-in] et pas [jou-in] Poêle : [poil] et non [pwèl] Sourcil : il faut dire [sourci] et ne pas prononcer le « l » final   Alors, prononciez-vous tout bien ? 🙂

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Le déroulé des épaules

Ce soir, une petite confusion, ou plutôt une erreur que l’on peut être tenté de commettre si l’on n’y prête pas attention. Il s’agit du nom « déroulé ». On ne dira pas « Commentons le déroulé de la soirée avec le professeur Boghos », mais on parlera de son déroulement. Certains verbes peuvent avoir deux dérivations, l’une au substantif pour évoquer l’action, l’autre au participe passé pour parler du résultat de l’action. Par exemple : l’abrègement (pour l’action d’abréger) et l’abrégé (pour le résultat de l’abrègement). Ce n’est pas le cas pour dérouler, qui n’accepte qu’une seule dérivation pour les deux significations : déroulement. On dira donc : Le cours s’est déroulé dans un silence quasi religieux, les étudiantes n’avaient d’yeux que pour son torse velu Je suis vraiment déçue de n’avoir pas pu assister au déroulement de cette séance de travaux pratiques   Allez, roulez jeunesse !    

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Quelques coups de pouce

Aujourd’hui, il s’agit simplement de ne plus se planter entre les expressions homonymes suivantes : quelque, quelques, quel que, quelle que.   Quelque, s’il est utilisé en tant que déterminant adjectif, il s’accorde tout simplement. Il veut dire « plusieurs » ou « peu ». Exemple : « Il lui reste quelques belles années ». Ou dans l’expression « Quelque chose ».   Quelque, s’il est utilisé en tant qu’adverbe, est invariable. Il signifie « environ ». Exemple : « Ce professeur est âgé de quelque trente ans ». Donc si vous pouvez remplacer « quelque » par « environ », rappelez-vous que c’est invariable.   Quel que et Quelle que : cette forme ne peut être utilisée qu’avec le verbe « être » (accordé au temps qu’il vous plaira), contrairement à Quelque et Quelques qui ne peuvent pas être suivis d’un verbe. On écrira ainsi : « Quel que soit son âge, j’en ferais bien mon casse-croûte » ou « Quelle que soit sa taille, ça rentrera… »   En espérant avoir donné quelques pistes pour ne plus se tromper 😉 Pour me soutenir, c’est toujours ici :  

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Au menu : les préliminaires

Connaissez-vous la différence entre les termes « préliminaire » et « liminaire » ? D’ailleurs, vous ne connaissiez peut-être pas « liminaire », tant son utilisation est restreinte. « Liminaire » est un adjectif qui se rapporte à quelque chose se trouvant au début d’un livre, d’un poème, d’un débat, d’un discours, etc… On parlera ainsi d’un prologue, d’une remarque ou d’une annotation liminaire. Et donc par déduction, « préliminaire » se rapporte à tout ce qui se passe avant. La préparation d’une réunion, les éclaircissements avant un débat, etc… Bon, par contre, je ne vous fais pas l’affront de vous expliquer ce que sont les préliminaires. Il suffit que vous regardiez du côté du Boghos du jour pour avoir envie d’apprendre avec lui 😉        

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Alerte ! Les barbar… les barbar… les barbarismes !

Aujourd’hui, nous allons donner la chasse aux barbarismes ! Rappelons qu’un barbarismes, c’est quand on transforme un mot et donc qu’on fait une erreur orthographique. Il existe des barbarismes malheureusement assez fréquents et qui peuvent passer inaperçus. Pécunier Ce mot est un barbarisme, il n’existe pas. Quand on parle d’un problème financier, on écrira un problème pécuniaire. Et oui, ce mot est invariable au masculin comme au féminin. Disgression À nouveau, on pense l’écrire et l’utiliser comme il faut, mais c’est un tort. Ce mot n’existe pas non plus. La bonne orthographe est « digression« . Arborigène On écrit les aborigènes, pas les arborigènes. On a tendance à se tromper parce qu’on doit probablement penser aux arbres (une vieille association d’idées un poil paternaliste du genre « zoulous, primates, arbres… »), mais ça n’a rien à voir. Entrepreunariat Ça, c’est un mot plus récent. Et il ne s’écrit pas comme ça, évidemment. Comme c’est un mot qui vient de « entrepreneur », il faut bien écrire « entrepreneuriat« . Formenter Non, personne ne formente de complot ! Ils fomentent, probablement, mais formentent non 😉   Voilà donc quelques mots pas forcément évidents, il y en a beaucoup d’autres, j’en ferais une prochaine leçon.

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Le professeur sort les griffes

Ce soir, Wolverine est en pétard ! Sous ses airs de chérubin, il peut mordre, faites attention ! Une leçon simple, évidente, mais qui pourtant doit être l’erreur la plus répandue sur les réseaux sociaux : sa / ça / çà Arggggggh ! Ce n’est quand même pas compliqué. Quand vous pouvez le remplacer par « cela », c’est que la bonne orthographe est « ça », alors que quand vous pouvez le remplacer par « la sienne », c’est que c’est « sa ». Et ça (cela) n’a rien à voir ! Aucun rapport entre les deux écritures ! Au final, chacun sa méthode pour s’en souvenir (la sienne), tant que vous ne faites plus cette faute horrible ! Bon, et pour le çà, c’est un adverbe de lieu assez usité, que l’on ne retrouve plus guère que dans les expressions « çà et là » ou « ah çà ! » (pour désigner la surprise ou l’indignation). Bon, ça sera tout pour ce soir, le professeur retourne à sa sieste.

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