Qui est Adèle ?

7 mars 2016

Qui est Adèle ?

Un des tous premiers univers que j’ai créé tourne autour d’Adèle. Mais quand j’ai écris ses histoires, une question tournait en boucle : qui est-elle ? Elle s’appelle Adèle, simplement, elle n’a pas de nom, n’a même pas toujours la même histoire et évidemment jamais le même métier. Une fois on la découvre photographe, une autre fois actrice porno, ou encore professeur, secrétaire… Dans d’autres vies, vous la découvrirez étudiante, pirate informatique, psychanalyste ou scientifique. Alors, au final, qui est-elle ?

La vraie question à se poser, ne serait-ce pas plutôt : qui représente-t-elle ?

Parce qu’au final, Adèle, c’est un fantasme, une image tout droit sortie de mon univers intime et personnel. Une femme qui pourrait être le fantasme de bien des hommes (et des femmes). Une femme blonde, archétype (stéréotype ?) de la femme douce, chaude, angélique, ingénue ou soumise, que l’on imagine sans mal cacher de torrides secrets.

Elle est grande, blonde aux yeux bleus, des formes à damner, mais ce sont là les seuls éléments comparables. Ce pourrait être n’importe quelle femme ; des millions de femmes correspondent à cette description. Et c’est d’ailleurs bien là le but : Adèle devient non plus un fantasme, mais le fantasme de tout le monde. Qui n’a pas rêvé de sa prof, dans son chemisier trop serré, et de passer sous son bureau ? Qui ne jette pas un regard en coin en passant devant la secrétaire si sexy qui mordille nonchalamment l’embout de ses lunettes de sa bouche torride ? Qui n’a jamais imaginé l’infirmière ne rien porter sous sa blouse blanche immaculée ?

Adèle est une allégorie fantasmatique !

Pourtant ! Pourtant, je m’y suis attaché, j’y tiens à ce petit bout de femme érotique. Et plus je lui trace des lignes coquines, plus je la définis dans sa complexité voire ses paradoxes. Je crée une personne de papier dont l’incohérence m’incommode. Dans mon esprit, une idée germe, de plus en plus : celle de rendre toutes ces histoires cohérentes entre elles. Une véritable gageure que j’ai décidé de prendre à bras le corps sans me départir d’humour et de burlesque. Je ne vais pas inventer une histoire de clones, de Maître du Temps, de monde parallèle. Je le pourrais, ce serait amusant, fantastique, mais ça ne ferait qu’éloigner le fantasme, le repousser, l’extraire de notre imaginaire du quotidien pour le placer sur la même étagère que la princesse Amidala ou Leeloo le cinquième élément : hors d’atteinte. Non, je vais réussir à la rendre crédible au travers de ses multiples vies. Pari tenu !

 

 

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2 commentaires

  • Valéry K. 7 mars 2016 à13 h 15 min

    Très bonne idée ! Pour moi qui ai fais mes classes dans l’écriture de fanfiction, c’est d’ailleurs ce que l’on fait dans ce domaine : un même personnage, avec ses caractéristiques physiques, psychologiques, de vécu… Et après, toujours des histoires différentes, mais qui ne se suivent pas : qui auraient pu arriver à ce personnage, ou pourraient lui arriver, parfois sous le mode de « et si… » (« et si, au lieu d’avoir fait tel métier, ce personnage aurait fait cet autre… »).
    Bref, bon choix : ça peut être intéressant, en effet !

    • leondegriffes 7 mars 2016 à14 h 16 min

      Les fanfictions, c’est quelque chose qui m’a toujours intrigué. Je crois que j’aimerai bien en faire. C’est en effet sur ce principe là, ça a une réelle portée fantasmatique, très puissante.

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