Prix de la Nouvelle Érotique 2018

2 mars 2018

En 2015, les Avocats du Diable et le Diable Vauvert ont eu l’heureuse idée de lancer « Le Prix de la Nouvelle Érotique » (ou PNE). Nous en sommes donc à la troisième année, j’ai participé aux trois avec plus ou moins de succès, et j’ai eu envie de partager avec vous mon expérience.

Ceci n’est pas un mode d’emploi ou un tuto « Top 10 des astuces pour se qualifier facilement au PNE. La septième va vous étonner ». Non, surtout qu’autant je suis assez fier de ma deuxième prestation (j’ai terminé dans le recueil final de la dizaine de nouvelles retenues : Ta maîtresse, humblement.), autant la première a été assez catastrophique.

Qu’est-ce que c’est, le PNE ?

Un prix, où tout auteur (il faut avoir été publié il me semble) peut participer, avec un thème imposé et un mot final. Ces deux contraintes sont données à la date indiquée à minuit et la nouvelle doit être rendue avant 7h. Nous connaîtrons le nom du gagnant ou de la gagnante le 24 mars au soir.

Ah oui, j’ai oublié : il y a un prix à remporter. 3000€ et trois semaines dans une résidence d’écrivain en Camargue. C’est plutôt accrocheur et ça motive d’autant.

En tout cas, moi, je suis bien motivé chaque année, aussi parce que c’est un réel plaisir, que j’ai pu faire des rencontres étonnantes par ce biais là et que c’est un vrai défi.

Tu fais comment pour écrire la nuit ?

Alors, à dire vrai, je suis plutôt un oiseau de nuit, j’écris souvent la nuit. Pas si tard, mais ça me permet quand même de voir passer assez facilement les premières heures. Avant 3h du matin, aucun souci. Après, c’est là que ça se complique. La première année, j’étais tombé de fatigue et j’avais torché la fin vite fait, avec une sieste au milieu, enfin ça n’avait pas été efficace. La gestion de son sommeil et de efficacité est pour moi primordiale. Essayez de relire une nouvelle après une nuit blanche, je vous assure que ça change tout si vous n’avez pas les idées claires.

La deuxième année, je me suis drogué au café. Et cette année, aux boissons à base de taurine. J’avoue, je ne le referai pas, je resterai au café. C’est peut-être un peu moins efficace, mais la taurine, c’est dégueulasse et surtout j’ai été incapable de dormir jusqu’à la nuit suivante, j’étais dans un état assez lamentable. Mais bon, j’avais l’esprit super clair, et ça aide, vraiment. En tout cas, ça m’a aidé.

L’inspiration ?

La première année, j’avais carrément choisi l’histoire que je voulais écrire des semaines avant. Autant dire qu’une fois le thème et le mot final imposé, j’ai dû vraiment faire des contorsions ultimes pour que ça donne quelque chose. Les jurés n’ont pas été dupes : c’était du caca !

La deuxième année, j’ai honteusement regardé une vidéo coquine (juste une femme sublime qui se déhanchait, quasi nue) et j’ai tourné une histoire autour de cette scène qui restait sur ma rétine. Je crois que ça a bien réussi, j’étais bien inspiré.

La troisième, c’était un peu différent : je savais le thème et l’univers que je voulais créer. Le sens que je voulais lui donner. J’ai trouvé une histoire qui collait plutôt bien autour du thème imposé (« Un dîner de cons » et le mot final : « commode »). En passant, je serais vraiment curieux de savoir comment ils choisissent leur thème (« Bon, on fait quoi pour bien les emmerder cette année ? Un mot compliqué ? Non, on va mettre un truc bien moche, du genre « charentaise » ou « lisier ». Oh ouais je sais, « commode », ils vont tous finir en baisant sur la commode, va trouver une fin surprenante avec ça ! »). Merci les amis, c’était super 😀

On verra si ce que j’ai écrit suffira, je suis pour le moment qualifié dans les 30 finalistes, la tension est à son paroxysme !

Une expérience à tenter ?

Oui, je pense. Déjà parce qu’on se confronte à la fine fleur de l’érotisme français. Et pas que l’érotisme. Certains auteurs n’avaient jamais écrit d’érotisme et ont fait d’excellentes nouvelles. Ensuite parce qu’on doit repenser notre manière d’écrire. L’érotisme, ce n’est pas que des culs et des bites, c’est autre chose, c’est une manière de frémir de plaisir, c’est une vibration, c’est une alchimie. La caresse d’une joue peut être beaucoup plus érotique que le coït brutal de Christian Grey…

Et puis il y a ces moments partagés, à douter, à râler, suspendus aux minutes restantes avant les résultats intermédiaires puis finaux. D’ailleurs, je me dis chaque fois que si je ne suis pas qualifié, je pourrais du coup vous dévoiler ma nouvelle, parce que j’ai hâte de vous la faire lire. Terminer dans les cinq derniers, c’est quand même frustrant : on n’a rien gagné, mais on ne peut quand même pas dévoiler son oeuvre, pour participer au recueil final.

Ah oui, la petite anecdote.

Jacques-Olivier Liby (président-mégaphone des Avocats du Diable, « snipers de mots »), c’est un coquin ! L’année dernière, je l’ai croisé au Salon du Livre et le soir-même nous devions connaitre les cinq nouvelles finalistes, ainsi que, une heure plus tard, la gagnante. J’étais donc dans ces cinq dernières. Il le savait, le jury avait délibéré la veille et il connaissait donc mon nom et ma nouvelle. On a discuté un moment, puis l’air de rien, il me demande de quoi parle ma nouvelle. Il fait mine de ne pas s’en souvenir. Ou alors par un très vague « Ah oui, celle avec le détective, là… ». Moi, naïf comme pas deux, j’étais donc certain de n’être pas qualifié. Au moins, j’ai eu le plaisir d’être contredit. Sacré jeu d’acteur 😉

 

PS : cherchez pas de liens entre le PNE ou ma nouvelle et cette image, il n’y en a pas, mais je l’adore, il fallait bien que je la case, non ?

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